Mon âme s'éteint

Text by Heinrich Heine (1797-1856)

Traduit en français par Joseph Massaad 

deutsch


Le rideau tombe, la pièce est terminée,
Et ces messieurs-dames rentrent chez eux.
La pièce les a-t-elle vraiment enchanté?
J'ai cru entendre des applaudissements chaleureux.

Un public des plus honorables
Fit l'éloge de son poète, reconnaissant.
A présent dans la salle règne un silence macabre,
Sans la gaieté et les lumière d'auparavant.

Pourtant écoutes! Un silence indigne
Résonne non loin de la scène désertée;
La corde d'une vieille violine,
Aurait peut-être sauté.

De quelconques rats froufroutent, contrariés
Sur le parterre par ci, par là
Et tout sent comme de l'huile consommée,
La dernière lampe gémit et siffle tout bas.

Puis désespérément s'éteint la flamme,
Cette pauvre lumière était mon âme.