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I
Si je me promène le soir dans la forêt,
Dans la forêt des rêves,
Ta douce figure, toujours,
Se promène à mes côtés.
Serait-ce ton voile blanc?
Serait-ce ton tendre visage?
Ou bien, est-ce le clair de lune, seulement,
Qui, des sapins, perce l'ombrage?
Seraient-ce mes propres larmes,
Que j'entend légèrement couler?
Ou bien, chérie, est-ce toi, vraiment,
Qui t'amènes pleurer à mes côtés?
II
Sur la mer, au calme rivage,
La nuit s'est étalée sur la nature,
Et la lune apparaît derrière les nuages,
Et de l'onde, on entend ce murmure:
Cet homme, là-bas, est-il débile,
Ou bien est-il amoureux?
Son regard est si serein et trouble, est-il
Troublé et, en même temps, joyeux?
Mais la lune rit vers le bas,
Et d'une voix claire, elle répète:
Il est amoureux et débile celui-là,
Et, de plus, il est poète.
III
C'est bien une mouette blanche,
Que je vis voltiger, tout à l'heure,
Sur les sombres flots.
La lune se tient dans les hauteurs.
Le requin et la raie se laissent
Surgir, en happant, hors de la mer
Ça se soulève, et la mouette se baisse;
La lune se tient dans les hauteurs.
Ô, chère et furtive âme,
Pleine d'anxiété et de douleurs!
Tu te trouves trop près de l'eau,
La lune se trouve dans les hauteurs.
IV
Je savais bien que tu m'aimes,
Je l'avais, depuis longtemps, deviné ;
Mais que tu me l'aies avoué toi-même,
M'a profondément ébranlé.
J'ai escaladé les montagnes et jai jubilé,
Et jai chanté, ce faisant.
Je me suis rendu à la mer et j'ai pleuré,
À l'heure du soleil couchant.
Mon cur est comme le soleil,
Si flamboyant à voir,
Et il se couche avec grandeur et merveille,
Dans une mer d'amour, chaque soir.
V
La mouette nous lance un regard
Chargé de curiosité,
Car, sur tes lèvres, je presse
Mon oreille avec fermeté!
Elle aurait bien voulu savoir
Ce que ta bouche a débité,
Et si tu as rempli mon oreille
De paroles ou de baisers?
Ah, si moi-même je savais
Ce qui siffle dans mon âme!
Les paroles et les baisers,
Y font un merveilleux amalgame.
VI
Elle s'enfuit de moi, timide comme un chevreuil,
Et comme un chevreuil, aussi rapidement!
Elle grimpa d'écueil en écueil,
Ses cheveux volèrent dans le vent.
J'ai, finalement, pu la rattraper,
Là, où dans la mer, s'enfonce la roche,
Et là, tendrement, avec des mots doux,
J'ai pu attendrir son cur revêche.
Nous nous assîmes, aussi haut que le ciel,
Heureux, comme au septième ciel;
Au dessous de nous, dans la mer sombre,
Tout graduellement, se coucha le soleil.
Dans la profondeur d'une mer sombre,
Au dessous de nous, le soleil s'enfonça;
Les ondes bruissaient, tout là-bas,
Avec une impétueuse joie.
Ne pleure donc pas! Le soleil n'est pas
Mort, engloutis par les flots;
C'est dans mon cur qu'il s'enfonça,
Avec tout ce qu'il a de plus chaud.
VII
Sur cette pierre nous bâtissons
L'Eglise du troisième,
Du troisième nouveau testament;
Les maux s'arrêtent d'eux mêmes.
Le double jeux est anéanti,
Celui qui nous a si longtemps trompés;
Et le stupide supplice physique
A finalement cessé.
Entends-tu Dieu dans la mer sombre?
C'est avec mille voix qu'il parle.
Et au dessus de notre tête, dans l'ombre,
Vois-tu ses milliers d'étoiles?
Le Dieu, tout saint, est dans la lumière
Aussi bien que dans l'obscurité;
Et Dieu est tout ce qui est sur terre;
Il est même dans nos baisers.
VIII
Une nuit grise s'étend sur la mer,
Et les petites étoiles brûlent en couvant.
On entend, parfois, résonner dans l'eau
Des voix qui se traînent longuement.
Là-bas, le vieux vent du nord
Joue avec les vague qui brillent,
Et qui bondissent comme des tuyaux d'orge,
Et, comme des tuyaux d'orge, se gonflent aussi.
Toutes ces mélodie résonnent,
Mi-païennes et mi-religieuses,
Elles s'élèvent, hardies, vers le haut,
Afin que les étoiles y soient heureuses.
Et les étoiles, toujours plus grandes,
Brûlent avec un fourmillement de volupté,
Elles sont, finalement, comme des soleils,
Qui, dans le ciel, se mettent à vagabonder.
Au son de la musique, qui résonne en bas,
Elles tourbillonnent des plus folles façons;
Ce sont des rossignols-soleils,
Qui brillent là-haut et tournent en rond.
Et le tout résonne et bourdonne en puissance,
Ce sont le ciel et la mer que j'entend chanter,
Et je sens comme une volupté géante
Pénétrer mon coeur et y tempêter.
IX
Des baisers et des amours dans l'ombre,
Une vie dans l'ombre, quelle merveille!
Crois-tu, insensée, que ceci puisse rester
Immuable, Inchangé, éternellement réel?
Ce que nous possédons de plus cher
S'éclipse, comme des rêveries,
Et les yeux s'endorment,
Et les curs oublient.
X
En bord de mer, la jeune fille,
Oppressée, soupirait longuement,
Elle était tellement attendrie
Par le soleil couchant.
Jeune fille, il faut être vaillant!
C'est un truc, plus vieux qu'hier;
Ici, il se couche à l'avant,
Et ressort ensuite par derrière.
XI
Mon bateau navigue avec des voiles noires
Par dessus la mer sauvage;
Tu sais combien je suis triste,
Et tu me blesses encore d'avantage.
Ton cur voltige par-ci, par-là,
Infidèle comme le vent du large;
Mon bateau navigue avec des voiles noires
Par dessus la mer sauvage.
XII
J'ai caché aux monde des hommes
Que tu as agi avec une honte sans nom,
Et c'est vers la mer que je suis parti
Pour le raconter aux poissons.
C'est sur la terre ferme uniquement
Que je te laisse ta bonne renommée;
Mais ta honte est maintenant connue,
Dans l'océan tout entier.
XIII
Les vagues qui mugissent
S'élancent sur le rivage;
Elles se gonflent et elles se brisent
Sur le sable de la plage.
Elles reviennent puissantes et grandes,
Sans la moindre des relâches;
Finalement, elles deviennent violantes -
A quoi ça sert? Il faut que je le sache!
XIV
Dans la mer, la pierre de rune s'élève,
Et je m'y assieds avec mes rêves.
'Le vent siffle ici, les mouettes crient,
Les vagues se meuvent et pétillent.
J'ai aimé maint bel enfant
Et maint bon compagnon -
Où sont-ils partis, le vent siffle ici,
Les vagues se meuvent et pétillent.
XV
La mer brille, dans le soleil,
Comme si elle était de vermeil.
'Quand je mourrai, mes frères,
Immergez-moi dans la mer.
J'ai toujours bien aimé la mer,
Avec son onde douce et pacifique,
Elle a si souvent rafraîchi mon cur;
Nos rapports étaient bénéfiques.
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