Die Nordsee - Zweiter Zyklus

Le Phénix

Für die Liebe!

Text by Heinrich Heine (1797-1856)
Traduit en français par Joseph Massaad 
deutsch


Un oiseau arrive de l'est
Et il s'envole vers l'ouest,
Vers sa partie où, dans les jardins, les épices
Parfument l'air et poussent,
Où des palmiers bruissent,
Où les fontaines sont rafraîchissantes,
Et où l'oiseau magique vole et chante:

« Elle l'aime! elle l'aime!
Et, dans son petit cœur, elle porte même
Son effigie, avec douceur, secrètement cachée,
Et elle-même semble l'ignorer!
Cependant, en rêve, c'est devant elle qu'il se tient,
Elle prie et pleure et embrasse ses mains,
Et elle l'appelle dans son sommeil,
Et continue à l'appeler terrifiée, même au réveil,
Et elle frotte étonnée ses yeux sublimes.
Elle l'aime! elle l'aime! »

Appuyé sur le mât, sur le pont du haut,
J'écoutai debout le chant de l'oiseau.
Les vagues aux crêtes blanches sautaient,
Pareilles à des chevaux gris-noirs au crimes argentées;
Comme un passage de cygnes, les héligolandais
Naviguèrent devant nous avec des voiles qui luisaient,
Ces audacieux nomades de la mer du Nord!
Au dessus de moi, les nuages blancs flottaient encore
Dans l'éternel bleu du ciel,
Et le soleil brillait, éternel,
Tel une rose du ciel qui fleurit avec du feu,
Et il se reflètait dans la mer, heureux;
Et le ciel et la mer et mon cœur même
Résonnent avec un retentissement suprême:
« Elle l'aime! elle l'aime! »