Text by Heinrich Heine (1797-1856)
Traduit en français par Joseph Massaad
| Elle
est grande la ressemblance Entre les deux jeunes et belles figures, Quoique l'une d'elles, en apparence, Parait plus belle et plus sévère, Je voudrais même dire, beaucoup plus distinguée Que l'autre qui, dans ses bras, m'a cordialement enlacé. Qu'il était doux et charmant son sourire! Qu'il était bienheureux son regard! Mon front aurait pu être touché, par hasard, Par la couronne du pavot de sa tête dont l'odeur Fit étrangement dissiper toutes les douleurs De mon âme. Pourtant un tel soulagement Ne dure pas; je ne pourrai guérir complètement Que quand la torche sera baissée par l'autre frère, Celui qui est si blême et si sévère. Le sommeil est bon, la mort est meilleure; peut-être Que le mieux serait de ne pas naître! |