Text by Heinrich Heine (1797-1856)
Traduit en français par Joseph Massaad
| Accablante, la tempête pèse sur la mer, Et c'est avec hardiesse que l'éclair Jaillit à travers le mur noir nuageux, S'allumant rapidement pour s'éteindre sous peu, Comme une pointe de la tête de Kronos. Jusque bien loin gronde le tonnerre Sur l'étendue sauvage et agitée de la mer, Et, façonnés par les vagues, les blancs coursiers Sautent, ceux-là mêmes que Borée, Avec les ravissantes juments d'Érichton, a procréé, Et l'oiseau marin bat des ailes, aussi apeuré Que les fantômes des cadavres jetés dans l'eau Du Styx par Charon, à partir de son nocturne canot. Pauvre petit bateau de plaisance, |