Text by Heinrich Heine (1797-1856)
Traduit en français par Joseph Massaad
| Déjà avant que minuit ne sonne, Un calme mortel enveloppait Babylone. Là-haut seulement, dans le palais royal, Là-haut, dans la salle royale, Les valets étaient assis en rangs luisants, Les gobelets tintent, les valets jubilent; Les joues du roi brillent enflammées, Il s'emporte, aveuglé par le courage, Et il se rengorge avec affront, et calomnie encore; Le roi appelle avec un fier regard; Il porte sur la tête des ustensiles en or, un tas, Et le roi saisit, d'une main impie, Il le vide jusqu'au fond, hâtivement, Je t'annonce l'éternel affront, Jéhovah! Mais ce mot d'effroi avait à peine résonné, Soudain, des éclats de rire, plus rien ne reste; Regardes! Regardes! Sur la paroi blanche Elle écrit, écrit sur le blanc du mur Le regard hagard, le roi resta cloué sur place, La bande de valets resta figée d'effroi, Les magiciens arrivèrent, mais aucun, pour sûr, Balthazar, cependant, cette même nuit, |