Adam Premier

Text by Heinrich Heine (1797-1856)

traduit en français par Joseph Massaad

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Tu as envoyé le gendarme céleste
Avec son épée enflammée
Et tu m'as chassé du Paradis,
Sans la moindre justice et sans pitié.

Je me déplace avec ma femme
Vers d'autres lieux sur terre;
Mais j'ai goûté au fruit de la Connaissance,
Et là, il n'y a rien que tu puisses faire.

Tu ne peux rien faire pour me faire oublier
Ce que tu peux être petit et insignifiant,
Malgré toutes tes tentatives de te rendre,
À travers le tonnerre et la mort, important.

Ô Dieu! Qu'il est misérable
Ce consilium abeundi!
C'est ce que j'appelle un vrai Magnificus
Du monde, un Lumen mundi!

Les espaces du Paradis
Ne me manqueront jamais plus;
Ce n'était pas un vrai Paradis:
Il y avait des arbres défendus.

Je veux un droit à la liberté entier!
Et si j'y trouve la moindre restriction,
Pour moi, le Paradis se transforme
En un enfer, en une prison.